FEDERICO FELLINI (1920-1993) // CÉLINE SCIAMMA (*1978)

 

17/01 – 18/02/2020

 

 

Céline Sciamma (*1978)

Avec son œuvre, pour l’instant encore relativement modeste mais immensément vivifiante et contemporaine, la metteur en scène et scénariste Céline Sciamma a marqué le monde cinématographique déjà bien avant d’avoir été couronnée de la palme d’or pour le meilleur scénario pour son film « Portrait de la jeune fille en feu » à Cannes en 2019. Sciamma a un don hors du commun parmi les auteurs en vogue pour une mise en scène particulièrement sensible des relations humaines. Elle cadre les jeunes et leur univers avec une compréhension et une précision convaincantes. En plus des quatre œuvres de Céline Sciamma, nous projetons les deux films « Ma vie de Courgette » et « Quand on a 17 ans » où Sciamma a contribué aux scénarios.


Figure du siècle, visionnaire, rêveur

Federico Fellini (1920-1993)
Le 20 janvier, Federico Fellini aurait eu cent ans. Pionnier dans l'histoire du cinéma grâce à son style si personnel, il a initié un adjectif propre à son genre : «fellinesque». Ce terme décrit les films qui utilisent des images baroques avec des séquences rêvées magiques, peuplées de figures étranges qu’on nommera - comme le suggère le titre d'un livre - «Fellini Faces». Mais le caractère unique du maître, décédé en 1993, se révèle également dans les récompenses obtenues : personne n'a gagné l'Oscar étranger aussi souvent que lui, quatre fois entre 1957 et 1975. Mais plus encore que ces superlatifs, ce sont les moments d'éternité qui distinguent le magicien de l'image et le poète du cinéma, lui qui a grandi dans la province du nord de l'Italie à l'époque fasciste : Le «Zampano» Anthony Quinn, qui introduit brutalement la petite Giulietta Masina à l'art de la présentation dans «La strada» ; Marcello Mastroianni, qui erre perdu dans les décors de Cinecittà, en réalisateur impuissant dans «Otto e mezzo» ; le comédien Ciccio Ingrassia en oncle fou Teo, qui grimpe à un arbre et chante sans cesse : «Voglio una donna» dans «Amarcord». Il n'y a guère d'autre réalisateur qui ait utilisé des scènes comme celles-ci pour créer des icônes d'une puissance si archétypale qu'on pourrait penser qu'elles ont toujours été là, au plus profond de notre inconscient collectif… Geri Krebs